Honte et amour de soi : trouver sa réelle identité

 

Qu’est-ce que la honte de soi ?

La honte est un état d’esprit permanent, une identité en soi. Le sujet se perçoit comme un être indigne de confiance. La honte se traduit par un sentiment envahissant que l’on est un être humain médiocre et anormal. La honte, c’est se sentir diminué à ses propres yeux, c’est être l’objet de mépris pour soi-même. C’est le sentiment qu’il n’y a rien de bon en soi, d’être déficient en tant qu’être humain.

La distinction entre la honte et la culpabilité

La culpabilité est un douloureux sentiment de regret et de responsabilité à l’égard de ses actes tandis que la honte est un douloureux sentiment à l’égard de soi-même. La personne honteuse peut difficilement réparer sa faute parce que la honte est une question d’identité et non de mauvaise conduite.

La honte à l’origine de plusieurs perturbations complexes :

La honte de soi est l’affect qui se trouve à l’origine de plusieurs perturbations complexes : notamment, la dépression, l’aliénation, le doute de soi, l’isolement, la paranoïa, les problèmes de compulsion, le perfectionnisme, le profond sentiment d’infériorité, d’insuffisance et d’échec et les troubles narcissiques.

La honte, un héritage psychologique

Il est étonnant de constater que la honte toxique, de par son caractère secret, est souvent un héritage psychologique familial qui se transmet d’une génération à l’autre: Inconsciemment, les parents pétris de honte la transmettent à leurs enfants en tant que modèles, dans leurs attitudes, gestes et paroles. Ces protecteurs en proie avec leurs propres besoins non-assouvis réprimanderont l’enfant qui les exprimera.

Ainsi, l’enfant intériorisera peu à peu qu’il n’est pas bon d’avoir des besoins et encore moins de les exprimer traduisant qu’il n’est pas « correct ». Il peut vivre ces réprimandes comme une humiliation à répétition qui risque d’engendrer la honte toxique chez lui.

Ces protecteurs ont souvent une immaturité émotionnelle, tels des adultes-enfants qui ne savent pas comment prendre soin d’eux-mêmes. Ainsi, il est évident que les besoins de leur enfant entre en conflit avec les leurs.

Le manque d’amour

Quand le petit enfant ne se sent pas aimé inconditionnellement, quand il sent qu’il n’est pas important aux yeux des parents, il vit une expérience de mort intérieure, il a le sentiment de n’avoir aucune valeur. Apparaît alors le sentiment de honte. Comme le petit enfant ne peut pas remettre en cause les parents, puisque sa survie en dépend, il en déduit que s’il n’est pas aimé, c’est parce qu’il est mauvais, parce qu’il n’est pas aimable.

Le faux-moi : le meurtre de l’âme

Comme la honte s’avère intolérable, l’enfant s’en défend en se créant inconsciemment un moi fictif. À mesure que le faux moi prend forme, le moi authentique se cache de plus en plus profondément. Si bien qu’au bout de quelques années, l’enfant en grandissant est tellement enlisé dans les défenses et les faux-semblants qu’il n’a plus du tout conscience de qui il est vraiment. Alice Miller dans « Le drame de l’enfant doué » appelle cette élaboration d’un moi fictif « le meurtre de l’âme ».

L’isolement

La honte toxique consiste en une rupture du moi avec lui-même. Au cœur de la honte, il y a la peur de se révéler. La personne pétrie de honte se gardera de dévoiler son moi profond aux autres mais, de manière plus significative encore, elle se gardera aussi de se révéler à elle-même puisqu’elle n’éprouve que du mépris à son égard.

L’impact de la honte sur la relation à soi-même

Comme il réprime ses véritables sentiments, émotions et besoins, l’individu peut être pris dans un cercle vicieux de mésestime de lui-même. De plus, celui-ci se violente énormément parce qu’il rejette sans discernement tout ce qu’il est.

En outre, il a une propension à s’auto-saboter et/ou s’autodétruire.

L’impact de la honte sur la relation à l’autre

L’individu aura beaucoup de difficulté à mettre ses limites, à s’affirmer et à exprimer ses propres besoins puisque ce dernier est coupé de son univers intérieur. Il pourrait bien souvent resté dans une relation destructrice pour lui-même.

La difficulté de croire que l’on est aimable

L’individu pétri de honte est habité par le sentiment de médiocrité et ne se sent pas digne d’être aimé.

Comment arrêter ce cercle vicieux?

Cultiver l’amour de soi implique un processus d’accueil et d’acceptation. Un processus pas évident pour une personne qui vit la honte puisqu’elle a cette facilité à se juger sévèrement.

Pourtant, je crois sincèrement qu’à force de s’observer (non pas pour s’auto-critiquer), de sortir de l’isolement en se confiant par exemple avec son vécu dans l’ici et maintenant à une personne de confiance peut aider à apprendre tranquillement l’accueil de soi tels que nous sommes. De se légitimer dans ses émotions présentes et ses besoins est une voie vers l’acceptation de soi et par le fait même vers un plus grand amour de soi.

Cela commence par reconnaître cette honte en soi, de l’accueillir autant que possible, mais d’accueillir aussi ses défensives dans lesquelles nous sommes, un chemin d’acceptation qui peut se faire peu à peu.

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